Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 18:34

A l’accueil, je remplis le formulaire. La secrétaire jette un coup d’oeil :

“Madame, nous ne pouvons rien faire pour vous. Vous dépendez du service social des personnes sans domicile arrivées récemment dans le département par voies ferroviaires.”

Elle me tend une brochure. Au dos, l’adresse surlignée au feutre jaune.

Nous nous sommes baladées sur la Promenade. Il y a encore des touristes.

Par Diane B.
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 17:02

Nous avons vendu l’électroménager : le frigo, le lave-vaisselle, le four et la machine à laver.

Avec notre petit pécule, nous avons tout juste eu de quoi payer la camionnette et le box où sont désormais entreposées nos affaires.

Car désormais Lui et moi nous ne  partageons plus qu’un box.

Est venu ensuite le moment de nous en aller.

Chacun de notre côté. Sans trop savoir dans quelle direction.

Par Diane B.
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 12:41

-arrêter de perdre ses clés

-arrêter de dire merci aux distributeurs automatiques (en particulier celui de la société générale)

-arrêter de dire demain j’arrête

-arrêter de passer son tour dans les files d’attente

-arrêter de laisser sa place à la vieille dame

-arrêter d’employer le conditionnel

-arrêter de s’excuser de tout tout le temps

-arrêter de se sentir coupable

-arrêter d’attendre que le téléphone sonne

-arrêter de prendre des vessies pour des lanternes

Par Diane B.
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 11:28

Caglar est né en Turquie, d’un père kurde et d’une mère turque. Mariage improbable, union contre-nature diront-ils aussi.

Le père de Caglar est communiste. Ce qui n’arrange pas les choses.

Le père de Caglar est surtout un idéaliste, un rêveur. Il rêve d’appartenir a un grand ensemble, il rêve pour ses enfants d’une supra-nationalité –communiste- qui abolirait tous les clivages, dans laquelle la minorité se fonderait dans la majorité, il rêve d’un grand soviet-ottoman.

Mais voilà, ça ne plaît ni aux indépendantistes du PKK, ni au gouvernement turc. Très vite, il est limogé, rétrogradé. Il n’a plus le droit d’enseigner – il est professeur d’Histoire, ironie du sort, dans une ville qui s’est vu vider de sa population arménienne.

Alors il envoie femme et enfants en France, en attendant  l’accalmie.

Les années ont passé, mais Caglar est toujours là.

Entre kurde et turc, il ne veut pas choisir. Je crois que comme son père, Caglar est un rêveur.

Depuis un an déjà, il attend sa naturalisation française.

Par Diane B.
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 00:40

Demain nous serons dans la nouvelle ville où personne ne nous attend.

Je pensais devenir plus légère, mais j’ai beau faire, la valise, elle, devient de plus en plus lourde.

J’aimerais rentrer chez moi.

Par Diane B.
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