Aujourd'hui nous dressons le constat de ce qu'aura été notre vie commune.
D'un ton bref, décidé, il dit : "mettons de la distance".
À la terrasse du café, j'ai du mal à retenir mes larmes.
Plus tard, le soir, je mesure l'étendue du désastre. La gorge nouée, je réalise qu'il ne me reste plus rien. Il a
pris jusqu'à mes dernières forces.
Passée la colère, je me sens terriblement seule.
Dans l'appartement d'en face, un couple s'entre-déchire. Dans dix minutes elle se prendra une raclée, comme tous
les soirs. Puis, il éteindra la lumière, et le silence reviendra.
Aujourd'hui je quitte la sous-location. Derechef emballer les affaires, les valises trop pleines qu'il faut
disperser. Pas de destination précise, l'avenir se réduit à demain.
J'hésite encore à prendre le paquet de café entamé.